Hygiène urbaine : Bonamoussadi lance une grande opération bimensuelle de salubrité
La communauté de Bonamoussadi village à Douala 5e, veut se débarrasser des dépôts d’ordures qui jonchent l’espace urbain. Équipés de matériel de nettoyage, les résidents ont lancé une grande offensive citoyenne pour assainir durablement leur cadre de vie.
La reconquête de l’espace urbain est en marche à Bonamoussadi. Refusant la fatalité de la dégradation de leur environnement, les volontaires ont nettoyé les rues, de l’hôtel Ibicus jusqu’à la carrière. L’initiateur du projet, Ndoumbe Mallong, explique l’urgence de cette démarche : « Il était nécessaire de nous organiser afin de redonner à notre quartier toute sa propreté ».

Armés de pelles, de râteaux et de brouettes, les participants ont mené un travail de fond. L’opération ne s’est pas limitée à ramasser les papiers : les équipes ont procédé au curage des caniveaux, à l’élagage des herbes envahissantes et au désherbage complet des artères principales. En ciblant des points névralgiques comme la chefferie traditionnelle, cette action vise à fluidifier l’évacuation des eaux et à éliminer les foyers d’insalubrité qui menacent la santé publique locale.
La réussite de cette journée repose sur une alliance solide entre la population et ses leaders. L’initiative bénéficie du soutien direct de Sa Majesté Gabriel Eteki Ebokolo, Chef traditionnel de Bonamoussadi, ainsi que de contributions notables de figures locales comme Mme Medi et Marlyse Etotoke. Cet ancrage coutumier et communautaire confère une forte légitimité à la mobilisation, transformant un simple nettoyage bénévole en un véritable projet de cohésion sociale et de responsabilité partagée.

Pour s’inscrire dans la durée, le mouvement prévoit désormais deux collectes par mois, la prochaine étape étant fixée dans le secteur Bonawon. Cependant, pour maintenir ce rythme et acheter du matériel lourd, les organisateurs sollicitent l’appui des entreprises citoyennes, des élites et des commerces de Douala 5e. Cette structuration cherche à prouver que la gestion des déchets peut être optimisée à l’échelle micro-locale, devançant parfois l’action des services publics saturés.
En responsabilisant chaque citoyen, Bonamoussadi pose les bases d’un modèle d’auto-gestion environnementale exemplaire pour la capitale économique. Cette transition réussie démontre que la propreté urbaine n’est plus un slogan lointain, mais une affaire de dignité collective que la communauté entend léguer fièrement aux générations futures.
Ingrid Mbalmog







