Année scolaire 2026/2027 : La compassion de Yaoundé à l’égard des enfants atteints de cancer
Ce 7 septembre à Yaoundé, au Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal BIYA, l’ONG Mori’s Child a lancé la 4ᵉ édition de la « Happy Class ». Menée par la présidente Ruth Grâce Ngo Nyobe, cette initiative garantit le droit à l’éducation et au jeu pour les enfants hospitalisés, afin que leur état de santé ne soit pas une barrière à leur scolarisation.
Pour la fondatrice de l’association, l’enjeu dépasse la prise en charge médicale stricte. « À l’hôpital, l’enfant ne doit pas être défini uniquement par sa maladie, il doit pouvoir continuer à apprendre, jouer, créer et rêver », a souligné madame Ruth Grâce Ngo Nyobe devant la presse.
Le concept de la « Happy Class » est né de l’histoire tragique d’un jeune patient, prématurément réintégré dans le système classique. Aujourd’hui, le programme propose un cursus sur mesure de quatre heures par jour dès 10h, couvrant la maternelle et le primaire. Selon Simon Cardin Neyeng, psychologue et coordonnateur du projet, cet accompagnement ludique et psychologique porte ses fruits : l’année écoulée, des élèves hospitalisés ont brillamment réussi leurs examens nationaux du Probatoire, du Baccalauréat scientifique et du GCE O Level.

Au-delà de la théorie, l’initiative mise sur l’expression créative pour briser le quotidien de l’hospitalisation. Lors d’un atelier de conception d’objets décoratifs organisés durant ce lancement, les jeunes patients ont manié les pinceaux avec enthousiasme sous les yeux des parents, du corps médical et des médias. Cette démarche artistique offre aux enfants un espace précieux pour extérioriser leurs ressentis, prouvant à l’assistance qu’en dépit de la maladie, leur potentiel créatif et leur capacité d’apprentissage restent intacts.
Une rentrée effective exige des outils adaptés. Pour concrétiser cette journée, des kits scolaires complets comprenant sacs, manuels au programme et cahiers ont été distribués aux élèves de la Fondation, mais aussi acheminés vers d’autres structures comme le Mbingo Baptist Hospital à Bamenda. Ce déploiement est rendu possible grâce à l’appui de partenaires majeurs, à l’instar de l’association Goodness For Humanity, qui soutient activement Mori’s Child dans sa mission d’inclusion éducative.
Malgré les réussites académiques, les défis logistiques et financiers demeurent constants pour l’organisation. L’hospitalisation longue durée génère des coûts importants pour les familles déjà éprouvées. Comme le résume un parent dans les couloirs du centre, « l’école ne s’arrête pas parce que nous sommes couchés dans un lit d’hôpital ». L’association rappelle que la pérennité du projet repose sur la solidarité nationale, précisant que chaque contribution, même modeste, participe directement à la prise en charge globale des enfants.
En replaçant l’humain au cœur du soin, la « Happy Class » démontre que l’espoir et la connaissance franchissent les portes des hôpitaux. Pour pérenniser ces actions à travers le pays, l’ONG Mori’s Child appelle désormais à une mobilisation collective et durable en faveur de ces écoliers pas comme les autres.
Ingrid Mbalmog







