Compétitivité économique : Depuis Bertoua, terre de propulsion des produits locaux vers la certification et les marchés internationaux
Le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) a lancé ce 25 Août 2026 à Bertoua, un atelier régional de normalisation. L’objectif est d’accompagner 60 Très Petites Entreprises (TPE), artisans et organisations locales vers la certification de leurs produits transformés, garantissant ainsi qualité, sécurité et compétitivité.
Face aux exigences des marchés contemporains, la structuration du tissu économique local est primordiale. En réunissant des experts de l’Agence des Normes (Anor) et de la Qualité et du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (Lanacome) à l’Est du Cameroun, le gouvernement entend élever les standards de production. Ihouli Francine, représentante du Ministre, souligne cette ambition inclusive : « Cet accompagnement concerne l’ensemble des secteurs d’activités, et non uniquement les filières agroalimentaires. »
La Région de l’Est abrite un tissu entrepreneurial dynamique fort de 17 832 PME recensées en 2025, générant un chiffre d’affaires cumulé de 114,49 milliards de FCFA. Cependant, avec seulement 2 881 entités dans les secteurs secondaire, artisanal et l’économie sociale, la valeur ajoutée locale demeure modeste. La transformation des matières premières constitue ainsi un levier prioritaire pour sortir ces acteurs de la précarité et maximiser les retombées économiques sur le territoire régional.

Menée du 25 août au 5 septembre 2026, la mission déploie un dispositif complet : sensibilisation aux standards, descentes diagnostiques et vérification de l’étiquetage. Des prélèvements d’échantillons sont réalisés pour des analyses microbiologiques, physico-chimiques et organoleptiques approfondies. Les filières ciblées, telles que le miel et la pharmacopée, bénéficient d’une maîtrise accrue de la traçabilité. Comme le rappelle Carole Miassa Emama, coordinatrice du village artisanal régional de Bertoua, l’enjeu est d’intégrer durablement ces acteurs dans les chaînes de valeur globales.
L’initiative met également en lumière l’inclusivité du tissu économique régional, où les femmes et les populations vulnérables jouent un rôle prépondérant. Fiobona Nancy, réfugiée et membre d’une coopérative à Bertoua 2e, a témoigné de l’impact vital de ce soutien gouvernemental pour pérenniser les activités génératrices de revenus. En intégrant les personnes réfugiées et les artisanes locales, la démarche de normalisation transforme des initiatives de subsistance en entreprises formelles, compétitives et créatrices d’emplois.
Au-delà de la conformité sanitaire et technique, cet effort d’homologation vise à positionner la marque « Made in Cameroon » sur les marchés nationaux et internationaux. En levant les obstacles liés aux vices de fabrication ou d’emballage, le MINPMEESA offre aux producteurs locaux les moyens de rivaliser avec les produits importés. La certification devient alors une arme stratégique pour garantir la confiance des consommateurs et conquérir de nouveaux réseaux de distribution.

En transformant le potentiel de l’Est en valeur ajoutée conforme aux normes internationales, le Cameroun consolide l’autonomie de ses producteurs. Le défi repose désormais sur la capacité des acteurs locaux à maintenir ce niveau d’exigence pour faire de la qualité un moteur permanent de développement territorial.
Ingrid Mbalmog






