Modernisation du réseau électrique camerounais : Amélioration de l’approvisionnement des grands bassins urbains
Le 14 août 2026, la Sonatrel a réceptionné sept transformateurs de puissance au Cameroun. Destinés aux axes stratégiques de Yaoundé, Douala et du Littoral, ces équipements visent à stabiliser le réseau national et à fluidifier l’acheminement de l’énergie, en réduisant les incidents techniques sur les lignes à haute tension.
Cette acquisition marque une étape décisive dans le Schéma directeur de développement de l’opérateur public. En adaptant la tension pour transporter l’électricité avec un minimum de pertes, ces unités renforcent les infrastructures stratégiques du pays. « Nous poursuivons la modernisation du réseau public pour accompagner le développement du Cameroun », rappelle la direction générale, déterminée à bâtir un système énergétique résilient face à la croissance démographique.

S’inscrivant dans un programme global lancé en 2019, cet investissement accompagne la montée en puissance des barrages de Nachtigal, Memve’ele et Bini à Warak. L’objectif est de faire évoluer le réseau national d’une structure radiale vers un modèle maillé, indispensable pour éviter les coupures en cascade. Avec plus de 1 200 km de lignes projetées, la réhabilitation de 15 postes et le déploiement de la téléconduite, l’entreprise prépare le système électrique national à absorber l’augmentation massive de la production d’énergie sur le territoire.
Bien que la Sonatrel gère exclusivement le transport, laissant la distribution aux ménages à la Socadel depuis 2021, l’impact pour les usagers demeure fondamental. En fiabilisant les axes à haute tension (225 kV et 90 kV), ces transformateurs créent les conditions d’une meilleure alimentation globale. Le distributeur dispose ainsi d’une plus grande marge de manœuvre pour réduire les délestages et améliorer la qualité du service rendu aux populations, aux zones industrielles du Littoral et aux services publics en pleine expansion.

Cette modernisation s’accomplit toutefois dans un environnement économique complexe pour le transporteur national. Après un chiffre d’affaires de 64,3 milliards de FCFA en 2024, l’entreprise a vu ses revenus chuter à 49,7 milliards en 2025, dégageant un bénéfice net en repli à 1,1 milliard. Ce ralentissement découle de la baisse du tarif de transport fixée par l’ARSEL à 6,738 FCFA/kWh, couplée à un encours de créances de 314 milliards de FCFA, dont 273 milliards restent dus par le distributeur Socadel.
Malgré ces contraintes de trésorerie et la baisse de son résultat d’exploitation, l’opérateur public refuse de sacrifier ses investissements d’avenir. Le renforcement des capacités de transit est perçu comme un prérequis non négociable pour soutenir l’industrialisation du pays. En absorbant les pics de consommation et en sécurisant l’évacuation vers les grands centres urbains, l’entreprise entend prouver sa capacité à anticiper les besoins énergétiques futurs de la nation, garantissant la fiabilité indispensable à l’essor des nouvelles unités industrielles.
Si le renforcement du réseau de transport pose les bases d’une énergie plus stable, la résolution des impayés avec la Socadel demeure le véritable nerf de la guerre. De l’équilibre financier de ce tandem dépendra la capacité du Cameroun à transformer durablement ses progrès techniques en lumière pour tous.
Ingrid Mbalmog







