Concours littéraire Vanessa Chrystelle NGOLLO : Une plume d’or et 44 lauréats pour la première édition au Lycée d’Akwa-Nord
L’apothéose du Concours Littéraire Vanessa Chrystelle Ngollo s’est tenue ce samedi 31 octobre 2026 au Lycée d’Akwa-Nord. Devant une assemblée émue et festive, l’Honorable Élise Pokossy Doumbe a résumé la philosophie de l’événement : « La bienveillance n’est pas de la faiblesse. C’est avoir le courage de rester bon dans un monde qui nous pousse parfois à être durs. » À cette occasion, la Plume d’or a été attribuée à Buinda Mbangue Chrysty, la Plume d’argent à Étant Freshnel et la Plume de bronze à Tcheutchoua Mariette Michelle, tandis que tous les candidats sans exception sont repartis avec un paquet de récompenses.
Face aux risques d’individualisme et de violence en milieu scolaire, ce concours départemental a réuni quarante-quatre finalistes des arrondissements de Douala 3e et 5e autour de la poésie, de la nouvelle et du slam. Portée par la mémoire de sa fille décédée, la promotrice l’honorable Élise Pokossy Doumbe a rappelé son message fondateur : « Il faut célébrer la vie avec bienveillance afin que règne l’harmonie. »

Pour M. Ngong Élie, point focal du projet, cette initiative constitue « un sanctuaire républicain où la littérature se réapproprie sa fonction première : humaniser le monde » et déconstruire l’image de l’école comme lieu de tension. Le parcours ayant mené à la finale s’est appuyé sur une organisation méthodique entamée le 15 septembre 2026. Les compositions ont rassemblé des candidats francophones et anglophones des filières littéraires et scientifiques issues de onze établissements entre autres : lycées d’Akwa-Nord, lycée du Génie Militaire, bilingue de Milan Brazzaville, bilingue de Logpom, bilingue de Japoma, bilingue de Bépanda, bilingue de Bonabéri Petit-Paris, l’Institut privé polyvalent de Bonamoussadi, Collège De La Salle, Collège polyvalent Sylvia, Collège bilingue Pensée-Idée. Le jury départemental, composé de professeurs de lettres françaises et anglaises, a évalué l’ensemble des œuvres dans le respect des règles d’équité.
Pour garantir l’impartialité des résultats, le jury a procédé à l’anonymisation intégrale des productions au 28 octobre 2026. Chaque texte a été identifié par un code alphanumérique unique, permettant une correction à l’aveugle par au moins deux examinateurs sans distinction d’établissement ou de système éducatif. Les élèves ont exploré le thème de la bienveillance à travers le slam et la prose. Selon la grille d’évaluation, les correcteurs ont pris en compte l’originalité, la clarté du propos et la capacité des auteurs à transmettre des valeurs de fraternité et de tolérance, ainsi que le rythme et la qualité d’interprétation pour les prestations scéniques. Sur les quarante-quatre travaux examinés, quarante-deux ont obtenu une note égale ou supérieure à la moyenne. La présidente du jury, Mme Essaka, a précisé lors de sa présentation : « Le jury a examiné 44 productions (…). Nous avons eu 10 copies passables, 5 assez bien, 11 bien, 14 copies très bien et 2 copies A+. »
L’analyse des copies a révélé trois démarches distinctes chez les jeunes écrivains : une approche éducative visant à enseigner la bienveillance à leurs pairs, une approche narrative basée sur le vécu en classe ou en famille, et enfin une tendance citoyenne engagée, où la bienveillance est perçue comme un remède contre les violences sociales et familiales. Pour consolider ces acquis, le jury a formulé plusieurs préconisations pédagogiques. Mme Essaka a notamment souligné : « Ce qu’on a trouvé, c’était peut-être du bon vin mais parfois dans des verres brisés. On a trouvé des grands crus aussi dans des verres en cristal. » Il est ainsi suggéré d’instaurer des ateliers d’écriture et de stimuler la lecture au sein des établissements. Le point d’orgue de la cérémonie a été la remise des distinctions honorifiques. Pour marquer la reconnaissance de leur travail, l’ensemble des quarante-quatre participants a reçu un paquet individuel comprenant un ouvrage et une enveloppe d’encouragement.

En effet, la prestigieuse Plume d’or a été attribuée à Buinda Mbangue Chrysty du Collège Bilingue Orchidée (en classe de Class Four), qui s’est vue offrir une lampe de chevet rechargeable, un abonnement à l’Institut français, une enveloppe, un diplôme et un livre. La jeune lauréate a réagi avec émotion : « At the first time when they proposed to me, I said No… just thank God for everything he has done. » La Plume d’argent est quant à elle revenue à Éwanè Freshnel, élève en classe de Première C au Lycée d’Akwa-Nord, qui a partagé sa joie : « Je me sens très joyeuse car au-delà de ma première fois c’est un nouveau talent que je découvre en moi. » Enfin, la Plume de bronze a été décernée à Tcheutchoua Mariette Michelle du Lycée Bilingue de Bobongo Petit-Paris, toutes deux récompensées par des lots d’équipements et d’ouvrages équivalents. Elle a exprimé ses ambitions pour l’avenir en déclarant : « À l’avenir j’aimerai transmettre la Bienveillance au tout petit et au plus grand. » Les élèves classés du 4e au 20e rang ont pour leur part reçu une lampe de chevet, deux livres, une attestation et une enveloppe.

La clôture de cette première édition s’est achevée autour du « mur de la Bienveillance », où chaque participant a apposé un mot issu du lexique de la bienveillance afin de sceller cet événement mémorable en présence des autorités administratives, traditionnelles et éducatives. « En choisissant de participer à ce concours littéraire, vous avez célébré la vie », a conclu l’Honorable Élise Pokossy Doumbe, en donnant d’ores et déjà rendez-vous à la jeunesse du Wouri pour une prochaine édition riche en surprises.
Téclaire Yetna






