Coopération Cameroun-France : À la Salle des fêtes d’Akwa, Douala fête 20 ans de C2D et prépare l’avenir
Ambiance de grand jour ce mardi 27 octobre 2026 à Akwa, où la métropole économique a célébré deux décennies d’un partenariat historique entre le Cameroun et la France. Entre bilan d’infrastructures majeures, appropriation communautaire et perspectives d’avenir, la cérémonie de clôture du 20ᵉ anniversaire du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) a mis en lumière un modèle de coopération axé sur l’impact citoyen.
Un moment fort d’émotion et de bilan participatif s’est déroulé à la Salle des fêtes d’Akwa, en présence de Jérôme Notebaert, Directeur de l’Agence Française de Développement (AFD), et de Roger Djitchoua, deuxième adjoint représentant le Maire de la Ville de Douala, le Dr Roger Mbassa Ndinè. Devant un parterre d’autorités locales, d’acteurs de la société civile et de jeunes sportifs, la rencontre est venue parachever une caravane populaire ayant sillonné les artères de la métropole. Rétrospective en images, témoignages de bénéficiaires, remise de trophées et partage du gâteau anniversaire ont rythmé cet événement célébrant deux décennies de transformation urbaine.

Porté conjointement par Yaoundé et Paris, le mécanisme du C2D repose sur un principe novateur : le remboursement de la dette souveraine camerounaise est réinjecté sous forme de subventions directes dans des projets structurants. À Douala, les retombées sont concrètes. Le volet C2D-Urbain a mobilisé 51,5 milliards de FCFA pour la voirie et l’aménagement public, marqués par l’édification du second pont sur le Wouri (756 m de pont routier et 746 m de pont ferroviaire), le réaménagement du carrefour de la Douche municipale ainsi que la réhabilitation de 50 km de voies de desserte et de l’avenue Roger Milla. Parallèlement, un plan de drainage pluvial de 109 milliards de FCFA a permis la création de 47 km de drains, 35 km de canaux et 25 dalots pour prémunir la cité des inondations.
Au-delà du béton, les acteurs saluent la méthode de travail fondée sur le « faire avec » et l’apprentissage mutuel. « L’État du Cameroun rembourse sa dette et l’État français la rend sous forme de subventions. Il faut faire, mais il faut faire savoir aussi. C’est un partenariat gagnant-gagnant », a souligné Roger Djitchoua, rappelant l’extension du C2D à la formation professionnelle agroalimentaire. Un sentiment partagé par le directeur de l’AFD, Jérôme Notebaert : « La volonté du C2D et de l’AFD aux côtés de Douala, c’est de travailler sur des projets qui ont un impact positif sur la population. On peut être fier du travail collectif réalisé. »
L’action du C2D s’est également illustrée au plus près des quartiers. Avec 15,432 milliards de FCFA investis dans neuf zones ciblées (voies pavées, éclairage solaire, terrains de sport), le programme a généré plus de 725 emplois directs et permis d’indemniser 977 riverains impactés. Symbole de cette appropriation locale, le tournoi multisports tenu au parc récréatif de Kondi a vu le sacre des Moungo-Ladies en basketball féminin (32-15 face à Delta). La capitaine Gabrielle Mikofeu y a vu un levier majeur de cohésion sociale, tandis que la société civile a appelé à protéger ce patrimoine collectif.

Alors que le cycle du C2D touche à sa fin, le partenariat entre l’AFD et la Ville de Douala se projette déjà vers de nouveaux défis urbains. Les discussions en cours ouvrent la voie au futur projet de Bus Rapid Transit (BRT), à la réhabilitation de l’axe routier Douala-Edéa, au déploiement du programme de drainage PIVI avec alertes précoce aux inondations, ainsi qu’à un soutien accru au réseau électrique via la Sonatrel. Pour que ces acquis traversent le temps, la Régie des routes et constructions de Douala poursuit le curage préventif des ouvrages, rappelant que la durabilité des infrastructures reposera désormais sur la rigueur des services municipaux et le civisme quotidien des citadins.
Teclaire Yetna







