Religion et cohésion : Cheikh Muhammadu Aminu, nouveau guide de la communauté musulmane de Douala
Intronisé le dimanche 13 septembre 2026 à la Grande Mosquée centrale de Douala, Cheikh Muhammadu Aminu en devient l’Imam principal, sept semaines après la disparition de l’imam Malik Farouk. Organisée par le Conseil des Chefs traditionnels et dignitaires musulmans du Littoral et du Sud-Ouest, la cérémonie s’est tenue en présence du Gouverneur de la Région du Littoral, Dieudonné Samuel Ivaha Diboua. Cette succession, préparée dans la continuité, vise à assurer l’encadrement spirituel des fidèles et à préserver la cohésion de la communauté.
La disparition de l’imam Malik Farouk, le 29 juillet dernier, aurait pu ouvrir une période d’incertitude. Il n’en a rien été. Dimanche, devant une assistance nombreuse réunissant fidèles, dignitaires musulmans, chefs traditionnels et autorités administratives, la communauté musulmane de Douala a installé son nouveau guide. En sept semaines, elle aura ainsi organisé la relève sans laisser s’installer de vacance durable. Un passage de témoin qui traduit la solidité de ses mécanismes internes.

Le choix de Cheikh Muhammadu Aminu s’inscrit d’abord dans cette logique. Ancien premier adjoint de la Grande Mosquée centrale, il en connaît déjà les fidèles, les pratiques et les attentes. Sa désignation privilégie ainsi une expérience éprouvée et une connaissance fine de la communauté. Plus qu’un changement de visage, cette succession apparaît comme une continuité assumée de l’encadrement spirituel. Dans une ville où les équilibres communautaires comptent, cette stabilité constitue un repère précieux. Elle permet aussi d’aborder la nouvelle étape sans rupture, en préservant les repères construits au sein de la communauté musulmane de Douala.
La cérémonie a, par ailleurs, donné à cette transition une portée institutionnelle particulière. Sous la conduite d’El Hadj Aboubakar Backo, le Conseil des Chefs traditionnels et dignitaires musulmans du Littoral et du Sud-Ouest en a assuré l’organisation. La présence du gouverneur de la région du Littoral, Dieudonné Samuel Ivaha Diboua, a renforcé la dimension républicaine de l’événement. Autorités religieuses, traditionnelles et administratives réunies autour d’un même moment : à Douala, l’installation d’un imam dépasse ainsi le seul cadre cultuel. Elle illustre, dans le même temps, l’importance du dialogue entre les différentes composantes de la cité.
Reste désormais à donner tout son contenu à cette nouvelle responsabilité. Dans une métropole cosmopolite comme Douala, les responsables religieux peuvent contribuer au dialogue, à la paix sociale et aux solidarités de proximité. Cette mission rejoint, à son échelle, les efforts des acteurs publics, privés et communautaires qui œuvrent chaque jour au renforcement du lien social. En héritant de la chaire, Cheikh Muhammadu Aminu hérite donc aussi d’une responsabilité envers la communauté et la ville. Son rôle pourra notamment s’inscrire dans la consolidation des passerelles entre les citoyens et dans la promotion d’un vivre-ensemble apaisé.
Une nouvelle page s’ouvre ainsi pour la Grande Mosquée centrale. En faisant de la continuité, du dialogue et de la cohésion des leviers d’action, son nouveau guide peut contribuer à consolider les passerelles entre les communautés. Pour Douala, chaque initiative qui renforce la confiance, la solidarité et le vivre-ensemble constitue une ressource supplémentaire pour construire une ville plus apaisée, inclusive et résolument tournée vers l’avenir.
Flora EKODO







