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Féminicide : Une femme poignardée à mort dans la chambre d’un établissement hôtelier à Yaoundé

Le corps de Cressence Merline Béguel âgée de 44 ans, a été retrouvée ce 25 août 2025, dans une chambre meublée occupée depuis trois jours par un jeune homme de 22 ans. Ce dernier, suspect numéro 1, a été rattrapé et mis aux arrêts alors qu’il s’était déjà échappé par la toiture. Yaoundé enregistre ainsi un autre cas de féminicide en l’espace de quelques jours.

La ville aux sept collines défraie une fois de plus la chronique, en matière d’assassinat des femmes. Ce mardi 25 août 2026, aux environs de 10h, au lieu dit rue Fouda, au quartier Omnisports, dans le 5e arrondissement, une certaine Cressence Merline Béguel en a fait les frais. Le corps de cette dame de 44 ans, hôtelière de profession, a été retrouvée gisant dans une marre de sang, dans la chambre de ” l’hôtel Salvador” qui propose des logements meublés à ses clients éventuels. La dépouille a été déposée à l’hôpital centrale de Yaoundé, par des éléments de la gendarmerie nationale.

Selon l’un des responsables de l’établissement hôtelier, un jeune de 22 ans occupe cette chambre depuis trois jours. Il a fait venir cette dame pour le retrouver. Trente minutes après, ce sont ses cris que les concierges ont entendus. Rendus devant la porte, le jeune homme, d’une voix rassurante, leur fait croire que tout va bien, et promet d’ailleurs de leur ouvrir. Sauf que des minutes après, c’est un silence qui suit leur insistance à vouloir effectivement s’assurer que ” tout va bien”.

Ils défoncent la porte et découvrent l’horreur. Cressence B. a été poignardée à plusieurs reprises, notamment au cou, à l’aide d’un couteau de cuisine retrouvé non loin de son corps. Un peu partout, des éclaboussures de taches de sang sont visibles. Le décor laisse deviner qu’il y eu bagarre. Son compagnon et éventuel assassin s’est déjà échappé en se frayant une sortie par le plafond et la toiture. Fort heureusement, il est aperçu par des jeunes du quartier. Ils se mettent à sa chasse, croyant avoir affaire à un simple voleur ou bandit. Ils vont le rattraper, non sans le molester, avant de le ramener à l’hôtel. Le jeune homme dont l’identité n’a pas été révélé, passe aux aveux.

Si on se fie à ses premières déclarations, sa victime et lui ont fait connaissance sur un réseau social. Lors de ce qui est leur première rencontre, il s’aperçoit qu’elle est physiquement différente de celle qu’il apercevait sur les photos, mais veut néanmoins“passer du bon temps avec elle”. Toujours selon lui, la dame est la première à faire usage du couteau pour le blesser. Comme quoi, il veut faire prévaloir la thèse de la légitime défense. Très vite, la nouvelle se répend. Les alentours de l’hôtel sont pris d’assaut par une population qui veut signer l’arrêt de mort de ce présumé assassin. Mais la gendarmerie s’y oppose.

Selon le préfet du Mfoundi Emmanuel Marie Djikdent, qui a pris comme mesure conservatoire de sceller l’établissement hôtelier où est survenu le drame, “ce garçon n’est pas de bonne moralité. L’on a retrouvé dans son sac, quelques vêtements et deux cartes nationales d’identité de femmes. Dans ses poches , il y avait une corde neuve de deux mètres”. Son exploitation à la brigade de recherches de Ngoussou, va certainement permettre de comprendre l’origine de ces pièces officielles, et ce à quoi était destinée cette corde.

Depuis le début de ce mois d’août 2026, c’est le 5e cas de féminicide que la ville de Yaoundé enregistre. On a encore en mémoire, les cas de Mendong et d’Effoulan. On se souvient aussi de cette femme qui se fait tuer par son copain revenu de Lybie, ainsi que de la jeune fille balancée d’un véhicule roulant à vive allure sur la nationale n°3 et venant de la capitale politique. Ce chiffre est plus alarmant quand on évoque les cas des autres villes Douala , Bafoussam, Tibati, Bertoua et autres, où des femmes ont été soustraites de la vie depuis le début de l’année.

Selon le ministre de la promotion de la femme et de la famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, de janvier 2026 à août de la même année, plus de 50 cas de féminicide ont été enregistrés dans nos cités urbaines. L’Ong Griote recense sur la même période, 62 cas, en indiquant que du fait des cultures, ce ne sont là que la face visible de l’iceberg. L’on comprend pourquoi plusieurs membres de la société civile appellent à un durcissement de sanctions contre les auteurs de ces crimes. Reste à savoir s’ils seront écoutés.

Yolande T

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