Hantavirus: Yaoundé active son dispositif de veille et appelle les populations au calme
À la suite d’un foyer d’hantavirus détecté sur un navire de croisière international, le ministre camerounais de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a annoncé le 15 mai 2026 à Yaoundé un renforcement de la surveillance nationale. Aucun cas n’est enregistré au Cameroun, et les autorités se veulent rassurantes.
L’alerte mondiale, déclenchée le 02 mai 2026 par le Royaume-Uni auprès de l’OMS, concerne la souche rare « Andes », identifiée sur le navire MV Hondius. Transmis par les rongeurs, ce virus peut exceptionnellement se propager entre humains et causer de graves détresses respiratoires. « Le pronostic est grave », a reconnu le ministre, évoquant une létalité potentielle de 50 % dans les formes sévères.
Malgré la dangerosité biologique du virus, l’évaluation épidémiologique locale reste rassurante. Le Cameroun ne figure pas sur la trajectoire des passagers à rapatrier et le rongeur réservoir de la souche Andes est inexistant sur le continent africain. L’OMS exclut d’ailleurs tout risque pandémique. Dès lors, le gouvernement refuse de paralyser le pays. Les marchés, les écoles et les transports fonctionnent normalement. L’objectif est clair : maintenir l’activité économique et sociale tout en dressant un solide bouclier sanitaire préventif.

La réponse technique s’articule autour d’une militarisation des points d’entrée. Le Centre de Coordination des Opérations d’Urgence (CCOUSP) est en alerte maximale. Concrètement, les contrôles sont renforcés aux aéroports de Douala et Yaoundé-Nsimalen, ainsi que dans les ports autonomes. En parallèle, les hôpitaux de référence réactivent leurs chambres d’isolement pour les cas suspects. Enfin, sur le plan logistique, le circuit d’acheminement des prélèvements biologiques vers l’Institut Pasteur de Dakar a été immédiatement réveillé pour garantir des diagnostics rapides et fiables.
Au-delà des infrastructures, la stratégie repose sur la responsabilité collective des acteurs de santé et de la population. Le ministre exhorte le personnel médical à observer un respect strict des protocoles d’isolement respiratoire. De plus, les leaders d’opinion et les médias sont appelés à filtrer les rumeurs pour éviter l’infodémie. Les voyageurs suspects, quant à eux, doivent spontanément déclarer leur historique de voyage. C’est cette synergie entre vigilance institutionnelle et discipline citoyenne qui doit faire obstacle à l’intrusion de la maladie.

Le Cameroun démontre sa capacité d’anticipation face aux crises globales sans céder à la psychose. En verrouillant ses frontières et ses laboratoires tout en préservant le quotidien des populations, le gouvernement maintient un équilibre fragile mais maîtrisé. « Le Gouvernement veille. L’État est mobilisé », rassure Manaouda Malachie.
Ingrid Mbalmog







