Le concept Armée-Nation prend tout son sens dans notre hôpital
L’avis est du colonel Pierre David Ebosse Goodman Akwa qui en cette quasi veille de la 54e de l’unité qui se célèbre le 20 mai 2026, accorde un entretien exclusif à Cities Hebdo. Le chef de service d’anesthésie et de réanimation, par ailleurs médecin chef adjoint de l’Hôpital Militaire de Région n°2 (HMR2) présente cette formation hospitalière et éclaire sur son apport dans cohésion entre les militaires et les civils.
Colonel Ebosse bonjour. Pouvez-vous nous présenter l’Hôpital Militaire de Région N°2 de Douala ainsi que les spécificités qui font sa force au sein du système de santé camerounais ?
Bonjour. L’Hôpital Militaire de Région N°2 de Douala est une formation sanitaire publique dotée de plateaux techniques équivalents à ceux de n’importe quel hôpital de référence au Cameroun. Notre structure s’appuie sur les compétences de plus de 400 personnels, dont une forte proportion de civils environ 60% pour 40% de militaires. Cette mixité des ressources humaines reflète déjà notre ouverture.
Notre grande spécificité réside dans notre mission de base : la médecine d’urgence et de catastrophe. Nous sommes structurés pour apporter un soutien logistique et médical immédiat aux forces engagées sur les théâtres opérationnels. Qu’il s’agisse de blessures par armes ou d’incidents majeurs, les victimes sont évacuées rapidement grâce à une chaîne de secours très rodée. Cela va de la prise en charge initiale par les infirmiers sur le terrain et le triage dans les centres médicaux de secteur, comme à Buea, jusqu’au transfert vers Douala. Ces évacuations utilisent des vecteurs terrestres et aériens, notamment des hélicoptères qui acheminent les blessés vers la base aérienne 201 de Douala. Nos ambulances ou celles des sapeurs-pompiers prennent immédiatement le relais pour les transférer ici aux urgences, qui constituent la porte d’entrée de notre établissement.
Au-delà de cette mission purement opérationnelle, comment l’hôpital s’intègre-t-il dans la vie de la cité économique et au bénéfice des populations civiles de Douala ?
C’est ici que prend tout son sens le concept Armée-Nation voulu par le Chef de l’État, Chef suprême des forces de défense. Bien que le militaire et sa famille restent une priorité ils bénéficient de consultations gratuites conformément à la note de service du ministre de la Défense, ainsi que d’avantages majeurs sur les examens biologiques et radiologiques , notre hôpital est une institution publique. Il est entièrement ouvert à tous les citoyens et résidents de la ville qui sollicitent nos services.
D’une capacité d’une centaine de lits, l’HMR2 propose des hospitalisations variées allant des chambres individuelles aux salles communes. Nous disposons de l’ensemble des spécialités médicales et chirurgicales pratiquées au Cameroun, animées par des médecins spécialistes civils et militaires. Si nous n’avons pas encore d’unité d’hémodialyse, sa mise en place est actuellement en cours de préparation. Nous assurons également une mission préventive essentielle à travers notre unité de protection maternelle et infantile (PMI) et notre service de pédiatrie.
Nous célébrons ce 20 mai la fête de l’unité nationale sous le thème : « L’unité nationale, pilier de notre défense et socle du développement du Cameroun ». Quelles actions concrètes l’hôpital a-t-il menées en prélude à cet événement dans la ville de Douala ?
Pour consolider ce lien si précieux entre l’armée et la nation, nous organisons de manière semestrielle des campagnes de santé. En prélude à la fête de l’unité, nous avons mené une grande campagne de consultations gratuites qui s’est achevée le 17 avril dernier, et qui a permis de recevoir plus de 1 500 personnes issues des couches sociales démunies.
L’action ne s’arrête pas là : durant tout ce mois de mai, ces patients bénéficient d’une réduction substantielle de 50% sur le coût des examens complémentaires, de la radiologie et même des interventions chirurgicales. Nous assurons actuellement le suivi et la prise en charge médicale ou opératoire des pathologies détectées lors de la campagne. C’est notre contribution citoyenne à la cohésion sociale de la ville de Douala.
En tant que haut responsable militaire, quel message de sensibilisation souhaitez-vous adresser aux citadins pour renforcer la sécurité et le développement de nos cités ?
La sécurité est le socle du développement urbain. Les forces de défense et de sécurité travaillent en synergie : la police et la gendarmerie veillent au maintien de l’ordre, tandis que l’armée assure la défense du territoire. Cependant, l’efficacité de cette mission repose sur la coopération active des populations à travers le renseignement prévisionnel. Cela s’est avéré déterminant dans la gestion de crises telles que la lutte contre Boko Haram ou la situation dans les régions anglophones.
Pour sécuriser nos villes, j’invite chaque habitant de Douala à coopérer avec les forces de l’ordre. Si vous remarquez des mouvements suspects ou des individus douteux dans votre voisinage, signalez-le immédiatement. C’est cette vigilance citoyenne, conjuguée à notre offre de soins inclusive, qui consolide durablement l’unité nationale.
Interview réalisée par Yolande T







