Présidentielle 2025 : Hermine Patricia à l’écoute de Yaoundé quand la rue devient l’arène du dialogue démocratique
Depuis le 27 septembre 2025, une nouvelle dynamique de campagne s’installe dans les rues de Yaoundé. Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, unique femme candidate à la présidentielle sous les couleurs de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), privilégie une approche directe, ancrée dans la proximité avec les citoyens. Elle transforme la ville en un espace d’écoute où les préoccupations du quotidien prennent le pas sur les discours traditionnels.
Plutôt que de simples slogans, ce sont des pas qu’elle trace dans les marchés, ruelles et carrefours populaires de la capitale. À 56 ans, la candidate incarne une vision politique résolument humaine et décentralisée, où l’écoute précède la parole. Sa campagne se veut agora vivante, offrant aux citoyens un rôle actif dans le débat démocratique, loin d’une communication descendante.

Le lancement officiel s’est déroulé le 27 septembre sur l’esplanade du stade omnisports de Yaoundé, lors d’un meeting au cours duquel elle a présenté les grandes lignes de son projet. Celui-ci repose principalement sur la réconciliation nationale, avec comme piliers l’instauration d’une Journée nationale du pardon et la volonté de relancer un dialogue avec les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, affectées par une crise prolongée.
Très vite, la candidate a quitté la tribune pour le terrain. Le 29 septembre, elle a entamé une tournée de proximité dans plusieurs marchés emblématiques : Essos, Mokolo, Elig-Edzoa, Etoudi, Mfoundi. Dans ces espaces d’échange, elle rencontre vendeuses, artisans et jeunes précaires, témoignant d’une approche simple et directe. À une commerçante demandant une aide ponctuelle, elle répond : « Le plus urgent, ce n’est pas la charité, c’est le changement ». Cette réponse illustre son engagement à s’attaquer aux causes profondes des inégalités.

Le 30 septembre, sa démarche se poursuit dans les quartiers de Ngousso, Messassi, Afanoyo et Nkolbisson. Les échanges sont francs, parfois empreints d’espoir ou de lassitude. Un vendeur ambulant résume le sentiment général : « Il y a beaucoup à refaire ». La candidate met alors en avant des mesures clés de son programme, notamment la formalisation du secteur informel, le renforcement des filets sociaux et la création de véritables opportunités pour la jeunesse. « Il faut donner aux jeunes un cadre pour construire leur avenir ici » , affirme-t-elle.
Avant de quitter Yaoundé pour la région du Sud le 1er octobre, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya a adressé un message clair aux populations : « Une nouvelle ère arrive. Une ère de justice, de dignité et de rupture ». Plus qu’un slogan, cet appel invite à rompre avec les pratiques passées pour bâtir un avenir plus juste, fondé sur les réalités et les urgences exprimées dans la rue.

Sa prochaine étape est prévue à Douala, dès le 4 octobre. À une semaine du scrutin présidentiel, les candidats intensifient leur présence sur le terrain, chacun selon sa stratégie. Le déroulement de cette campagne de proximité dira si cette écoute méthodique pourra se traduire en adhésion électorale.
Ingrid Mbalmog







