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Tissu industriel du Cameroun : La situation peu reluisante des entreprises étalée au gouvernement dans la capitale économique

La tenue à Douala du Cameroon Business Forum les 22 et 23 Octobre 2026 a permis d’exposer au premier ministre Joseph Dion Ngute, les difficultés des entreprises implantées au Cameroun. Ce 12e rendez-vous du genre dans la métropole économique intervient les villes africaines deviennent un vaste marché dans le cadre de la Zlécaf (Zone de libre-échange continentale africaine).

Placée sous le thème « Zlécaf et transformation productive », cette 12ᵉ session intervient à un moment charnière. L’ouverture des marchés africains offre des perspectives considérables aux entreprises camerounaises. Mais accéder à un marché continental ne garantit ni la capacité de produire en quantité suffisante, ni la compétitivité des prix, ni la conquête durable de nouveaux débouchés.

Le diagnostic présenté par la Chambre de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat (Ccima), au nom du secteur privé, souligne un paradoxe. Le pays dispose de ressources abondantes, d’une position stratégique et d’un tissu entrepreneurial diversifié, mais peine à les convertir en exportations à forte valeur ajoutée. Sans transformation locale, la Zlécaf pourrait exposer les producteurs à une concurrence plus intense. Les enquêtes de conjoncture citées par la Ccima parlent d’elles-mêmes : 66 % des entreprises interrogées signalent la hausse des prix fournisseurs, 63,5 % dénoncent la fiscalité, 45 % le coût de l’énergie, 40 % celui des intrants importés. Ces réponses ne reflètent pas forcément tout le tissu économique, mais révèlent une accumulation de charges qui limite l’investissement et l’emploi.

La compétitivité dépend aussi de l’état des routes, des plateformes logistiques et de la fluidité des corridors commerciaux. Trajets imprévisibles, retards de livraison et pertes de marchandises neutralisent une partie des efforts sur le climat des affaires. L’enjeu, selon le texte, est de passer d’une logique de dépenses d’équipement à une logique de résultats économiques mesurables. Les retards de paiement des factures créent vite des problèmes de trésorerie, tandis que l’incertitude sur l’exécution des décisions de justice renchérit le crédit et freine les investisseurs. La réponse passe par une justice commerciale plus prévisible, des procédures d’exécution efficaces et une administration qui respecte ses engagements, tout en distinguant les débiteurs de bonne foi de l’insolvabilité organisée.

Le véritable test commencera après la clôture, le 23 octobre : quelles mesures retenues, qui les appliquera, selon quel calendrier ? La Zlécaf offre une fenêtre stratégique qui ne restera pas ouverte indéfiniment. L’économie camerounaise attend désormais des réformes exécutées et évaluées, pas de nouvelles recommandations.

Ingrid Mbalmog

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