Sécurité et santé travailleurs : Yaoundé, cité mondiale et africaine de la célébration
Yaoundé a vibré, le 27 avril 2026, au rythme de la double célébration des journées africaine et mondiale de la santé et sécurité au travail. Sous la houlette du MINTSS, Grégoire Owona, cet événement a permis à la CNPS de contextualiser les défis actuels, visant une stratégie de protection pérenne à l’horizon 2040.
La capitale camerounaise se positionne en avocate des travailleurs, pour leur intégrité physique et leur bien-être moral. Yaoundé accueille les travaux marquant la 30ème édition de la Journée Africaine de la ce Prévention des Risques Professionnels et la 24ème Journée Mondiale de la Sécurité et Santé au Travail. Entre bilan rétrospectif et projections, les experts ont planché sur la transformation des risques professionnels en Afrique. L’objectif est clair : transformer les dispositifs de prévention pour mieux protéger le capital humain face aux mutations rapides du monde du travail contemporain.
Le Directeur général de la CNPS, Olivier Mekoulou Mvondo, souligne un paradoxe statistique notable : la baisse des accidents de travail déclarés, passant de 532 en 2023 à 258 en 2025. Loin de s’en féliciter, l’organisme appelle à la vigilance. Cette réduction apparente occulte une réalité complexe, marquée par la sous-déclaration due à la précarité, la méconnaissance des droits, ou le recours massif à une main-d’œuvre non immatriculée. Ces facteurs socioculturels et économiques nuisent à une évaluation objective des risques réels dans les secteurs du BTP, des transports et de l’agroforesterie.

Pour pallier ces manquements, la CNPS modernise ses outils de gestion. La dématérialisation des déclarations d’ATMP, désormais accessible via le portail web de l’organisme et l’application « MA CNPS A MOI », constitue une avancée majeure pour favoriser l’inclusion. Parallèlement, l’OIT insiste sur l’élargissement du paradigme préventif. Au-delà des risques physiques traditionnels, il devient impératif d’intégrer la santé mentale et la qualité des relations professionnelles comme piliers centraux. Cette approche holistique est indispensable pour sécuriser durablement le travail, tant dans le secteur formel qu’au sein de l’informel.

Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a exhorté les experts à formuler des recommandations pragmatiques. Ces propositions doivent impérativement tenir compte du contexte local et de la sociologie camerounaise pour être efficaces. En misant sur une expertise ancrée dans nos réalités, la CNPS et ses partenaires posent les jalons d’un environnement professionnel plus sûr, où la prévention devient un levier fondamental de performance économique et de bien-être social pour tous les travailleurs.
Yolande T







