Infrastructures routières : La falaise rouverte à la circulation
Deux ans après les glissements de terrain dévastateurs de novembre 2024, la circulation a repris sur la falaise de Dschang. Le ministre des travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi a inauguré ce 1er octobre 2026 le nouveau tracé sécurisé sur la route Bamougoum-Dschang-Santchou, restituant un axe économique névralgique à la région.
Après le traumatisme causé par le double éboulement mortel du 5 novembre 2024, la réouverture de la voie redonne du souffle aux usagers. Présidant la cérémonie au nom du chef de l’État, le ministre des Travaux publics a salué la qualité des travaux réalisés, qualifiant le nouvel ouvrage de « joyau technologique, objet de fierté et de curiosité » pour les populations locales.

Financée à hauteur de près de quatre milliards de francs CFA par l’État du Cameroun, cette reconstruction relie de nouveau la région de l’Ouest à celles du Littoral et du Nord-Ouest. La rupture de cette section de la route régionale R0606 avait paralysé l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés du pays. Le rétablissement du trafic réinjecte de la fluidité dans les échanges interrégionaux et soulage le quotidien des transporteurs qui devaient jusqu’alors faire face à des déviations complexes et périlleuses.
Pour surmonter les contraintes naturelles de la falaise, le chantier a été exécuté en un temps record de 90 jours par l’entreprise chinoise CFHEC et le groupement Debaker / Huesker / Geo Geosynthetics. L’ingénierie repose sur un nouveau tracé bitumé de 367 mètres, déporté de 100 mètres par rapport à l’ancien tronçon de 732 mètres jugé trop vulnérable. Ce décalage stratégique éloigne le trafic des zones d’instabilité résiduelles tout en maintenant une continuité routière sur un relief particulièrement escarpé.

Ce chantier marque l’introduction d’une technologie novatrice au Cameroun : le remblai renforcé par des matériaux géosynthétiques. Sur une hauteur impressionnante de 34,5 mètres, les ingénieurs ont superposé des strates de toiles synthétiques et de géotextiles pour stabiliser durablement le sol. Cette méthode d’armature permet d’absorber les contraintes mécaniques du terrain et de garantir la portance de la chaussée face au trafic lourd, offrant une résistance inédite à cette section historiquement exposée aux risques d’affaissement.
L’eau étant la cause principale des effondrements passés, le dispositif intègre un système de drainage sur mesure. L’infrastructure comprend un dalot imposant de 2 mètres sur 2 mètres, étendu sur 46,6 mètres de longueur pour canaliser les écoulements profonds. Complété par un réseau de captage des eaux de pluie et de gestion des sources permanentes, cet aménagement empêche l’accumulation d’humidité dans les sols. Ce contrôle hydraulique rigoureux garantit la durabilité à long terme du nouvel ouvrage.
Avec cette réalisation modernisée, le gouvernement démontre sa capacité à déployer des solutions techniques de pointe face aux risques naturels. La sécurisation durable de la falaise de Dschang marque ainsi une étape clé dans le désenclavement et la résilience des infrastructures routières nationales.
Ingrid Mbalmog







