Infrastructures et resilience : Le PAD réinvente le modèle logistique pour conquérir le Golfe de Guinee
Le 23 avril 2026, le Port Autonome de Douala (PAD), par la voix de son directeur général Cyrus Ngo’o, dévoile à la presse ses projets structurants. Il met ainsi en lumière une transformation radicale visant à doubler les capacités opérationnelles pour soutenir l’émergence économique du Cameroun.
Engagé depuis 2017 dans une mutation profonde, le Port de Douala-Bonabéri s’attaque de front à l’étroitesse de ses infrastructures. Face à l’explosion du trafic, l’urgence est à l’action pour éviter la saturation. « Le volume de marchandises pourrait presque doubler d’ici 2030 pour atteindre 23 millions de tonnes », souligne le Schéma Directeur de Développement, rendant les travaux actuels plus que vitaux.
Le PAD multiplie les chantiers pour lever les verrous logistiques. Entre la construction d’une voie de contournement de 5 km pour fluidifier la Nationale n°3 et l’extension du terminal à conteneurs avec le nouveau poste à quai 17, l’objectif est clair : optimiser chaque mètre carré. L’ajout de 8 hectares d’entreposage et de nouveaux silos céréaliers imminents vient renforcer cette capacité de stockage longtemps restée insuffisante.

Au-delà du béton, le port parie sur l’innovation et la résilience. Le projet d’une zone industrialo-portuaire de 500 hectares sur la Dibamba projette l’infrastructure vers 2050. En intégrant une production autonome d’énergie propre et d’eau potable, ainsi qu’une sécurité renforcée par une brigade cynophile, le PAD cherche à rassurer les investisseurs internationaux tout en répondant aux exigences environnementales contemporaines.
Cette dynamique de modernisation ne se limite pas à l’accueil des navires ; elle vise la création d’un écosystème performant. Le dragage constant et la réinvention des espaces saturés permettent au port de contourner ses contraintes nautiques. Ces mutations transforment progressivement la place portuaire de Douala en un hub logistique de référence, capable de rivaliser avec les plus grands ports du Golfe de Guinée.

L’ambition renouvelée du PAD dessine les contours d’une économie camerounaise plus compétitive. En anticipant les besoins de la prochaine décennie, le port de Douala-Bonabéri ne se contente plus de subir le trafic, il le précède. Le succès de cette vision collective restera le baromètre de la croissance nationale dans les années à venir.
Ingrid Mbalmog







