GOUVERNANCE URBAINE ET COOPÉRATION/DOUALA ET EDÉA MUTUALISENT LEURS AMBITIONS POUR UNE FILIÈRE BOVINE DURABLE
Douala et Édéa, deux pôles majeurs de la gouvernance locale dans la Région du Littoral, ont amorcé une nouvelle dynamique de coopération territoriale le 17 avril 2025 à l’Hôtel de Ville de Bonanjo. Par la voix de leurs maires respectifs, Dr Roger Mbassa Ndinè et Dr Emmanuel Albert Nlend, les deux villes scellent une vision commune : faire de la filière bovine un levier stratégique de développement économique et social.
Loin d’un simple protocole, cette rencontre a marqué l’entrée dans une ère de collaboration plus pragmatique, fondée sur l’intelligence interterritoriale et l’alignement des priorités de développement. En effet, face aux défis conjoints que sont la pression foncière, l’urbanisation rapide, la sécurité alimentaire ou encore la création d’emplois durables, Douala et Edéa optent pour une réponse collective, cohérente et structurante.

Le projet structurant du Parc Oriental Dibamba-Édéa incarne cette ambition. Pensée comme une zone agro-pastorale intercommunale, l’initiative vise à bâtir une chaîne de valeur complète de l’élevage à la transformation intégrant durabilité environnementale, traçabilité sanitaire et performance logistique. Véritable colonne vertébrale du dispositif, ce parc entend relier les bassins bovins du Grand Nord aux pôles de transformation et de consommation du Littoral. « Ce projet marque une étape majeure », affirme le Maire d’Édéa. Lequel poursuit, « Il concrétise notre engagement à structurer la filière bovine en connectant les zones de production du Nord aux marchés urbains du Littoral. »
Si l’objectif est d’atteindre une capacité d’abattage de 1 000 têtes de bovins par jour et de produire localement 50 000 têtes par an, la situation actuelle révèle un écart entre la demande élevée et une organisation sanitaire et fiscale défaillante. Face à ce constat, les maires de Douala et d’Édéa ont validé les premières étapes opérationnelles, dont la mobilisation du foncier et le démarrage des travaux en juillet 2025. Dr Roger Mbassa Ndinè résume : « Ce projet marque un tournant pour nos deux villes. Les conditions foncières sont réunies et les actions concrètes enclenchées. »

Les impacts attendus sont multiples : la création d’emplois, surtout pour les jeunes, le renforcement des infrastructures, le développement de compétences locales ainsi que la réduction des importations de viande. Une ouverture à l’expertise internationale est aussi engagée, notamment avec des spécialistes brésiliens de l’insémination artificielle. « Il s’agit de former, construire, mais surtout de créer de l’emploi localement », insiste Dr Emmanuel Albert Nlend.
Au-delà de la filière bovine, ce partenariat illustre l’émergence d’un modèle novateur de gouvernance locale fondée sur l’action collective, l’innovation territoriale et la mutualisation stratégique. Il démontre que des collectivités alignées autour d’objectifs communs peuvent devenir des moteurs de transformation structurelle. Ensemble, elles dessinent des trajectoires de développement inclusif et durable à l’échelle régionale.

En unissant leurs forces, les villes de Douala et d’Edéa posent les jalons d’une stratégie régionale intégrée, inclusive et résiliente. Par la mutualisation des ressources, le partage des expertises et une planification concertée, elles s’imposent comme des catalyseurs d’une gouvernance locale renouvelée. Celle-ci se voulant plus efficace et tournée vers l’impact, un modèle de coopération urbaine, libéré des logiques concurrentielles.
Cette nouvelle alliance pourrait devenir une référence. Les pistes de coopération futures sont nombreuses : mobilité, gestion des déchets, circuits courts, énergies renouvelables, inclusion sociale… Car plus qu’un projet, ce que Douala et Édéa initient, c’est une solidarité urbaine innovante, capable de transformer durablement leurs territoires, qui déploie ainsi ses ailes.
By Cities Hebdo







