Transition à la tête de l’exécutif municipal de Dschang : le Pr Émile Temgoua officiellement nommé maire par intérim
Suite au décès de Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou survenu le 30 mars dernier, la commune de Dschang entame une phase de transition institutionnelle. Par un arrêté signé le 6 avril 2026, le préfet de la Menoua, Peter Mbongo, a porté le Pr Émile Temgoua, jusqu’alors premier adjoint, à la tête de la municipalité pour assurer la continuité du service public dans un climat de rigueur et de réconciliation.
La cité universitaire de Dschang tourne une page douloureuse de son histoire administrative. Après la disparition de son maire titulaire à Yaoundé des suites de maladie, le préfet de la Menoua, Peter Mbongo, a agi promptement pour éviter toute vacance du pouvoir. Comme le souligne l’arrêté préfectoral, cette passation marque une étape cruciale pour la ville qui doit désormais « se tourner vers l’avenir tout en honorant la mémoire de son défunt maire », tout en respectant scrupuleusement les dispositions du Code général des collectivités territoriales décentralisées.

Cette désignation intervient dans un contexte politique, marqué par la prorogation du mandat des conseillers municipaux et surtout, au lendemain de l’adoption par le Parlement, de la levée du verrou limitant autrefois la prolongation à 18 mois. Pr Émile Temgoua prend donc ainsi les rênes de la mairie pour assurer une stabilité administrative essentielle dans une période de deuil et d’incertitude.
Le cadre légal de cet intérim repose sur les articles 205 et 235 de la loi de décembre 2019. L’arrêté n° 000165/AP/F.34/SDL constate que le Pr Émile Temgoua assume ses nouvelles fonctions avec effet rétroactif au 30 mars 2026. Cette mission intérimaire n’est cependant pas une fin en soi : bien que le mandat des conseillers ait été prolongé par l’État, la loi impose que l’élection d’un nouveau maire titulaire par le conseil municipal se tienne impérativement dans un délai de 60 jours suivant la constatation de la vacance.

Pour cette période charnière, le préfet Peter Mbongo a fixé une feuille de route exigeante. L’accent est mis sur la restauration d’un climat de travail serein et sur une gestion saine des ressources humaines et financières. Parmi les priorités absolues figurent le paiement régulier des salaires du personnel communal et le respect strict des prérogatives des acteurs clés de l’administration municipale, notamment le secrétaire général et le receveur municipal. Cette rigueur est d’autant plus attendue que la prolongation des mandats électifs impose aux exécutifs une exemplarité accrue vis-à-vis des populations.
Au-delà de la gestion interne, le maire par intérim est investi d’une mission de médiation sociale. Le préfet appelle à la mise en place de mécanismes favorisant une réconciliation entre la commune, les populations locales et les opérateurs économiques. Cette approche vise à apaiser les tensions potentielles et à garantir que les services déconcentrés de l’État et l’autorité de tutelle travaillent en parfaite synergie. La levée de la limite de l’intérim offre ici une marge de manœuvre politique pour reconstruire des ponts durables avec les citoyens.
Enfin, la gouvernance de cette transition sera scrutée de près par la préfecture, qui exige une collaboration franche avec ses services. Le Pr Émile Temgoua devra naviguer entre la gestion courante et la préparation du terrain pour son successeur, en veillant à la conformité de chaque décision. L’enjeu pour les deux prochains mois sera de maintenir la stabilité de cette collectivité stratégique de la région de l’Ouest, sous le regard attentif d’une communauté qui attend désormais le choix définitif du conseil municipal.
Ingrid Mbalmog







