Inclusion des personnes autistes : Le dispositif sanitaire de la ville de Douala
Le coup d’envoi de la première édition de la « Semaine de l’Inclusion » a été donné ce mardi 24 mars 2026 à Douala, sous le thème central « Neurodiversité et inclusion ». Portée par l’association Hope for Autism, cette initiative inédite rassemble experts, familles et acteurs sociaux autour d’un objectif commun : briser les tabous liés à l’autisme et bâtir une société capable de valoriser les spécificités de chaque individu.

Le cadre prestigieux de la salle des fêtes d’Akwa a servi ce mardi 24 mars 3026, de point de départ à une aventure humaine et scientifique qui s’étendra jusqu’à dimanche prochain. En ouvrant les travaux, Charles Nombot, promoteur de l’événement, a rappelé l’urgence d’une prise de conscience collective face aux difficultés rencontrées par les parents d’enfants neurodivergents. « Nous avons mis sur pied cette initiative pour édifier les familles et impacter la société, afin de semer ensemble les graines d’une inclusion réelle », a-t-il déclaré avec émotion. Cette démarche, souligne le spécialiste, est le fruit d’un combat personnel et associatif entamé depuis 2021.
Le panel pluridisciplinaire réuni pour l’occasion a d’emblée posé les jalons d’une démystification nécessaire. Le psychologue Dr Armand Happy a insisté sur le fait que les troubles du neuro-développement, bien que de plus en plus fréquents, souffrent encore d’un manque de considération. Selon lui, l’environnement est le principal déterminant de l’avenir de l’enfant autiste. L’enjeu est donc de reconnaître les caractéristiques propres à chaque profil sensoriel pour aménager un cadre de vie physique et social qui maintienne un équilibre propice à l’épanouissement, loin des préjugés qui assimilent parfois ces comportements à de la « sorcellerie ».

L’approche thérapeutique a également été approfondie par Mao Ma Souhe, orthophoniste, qui a recadré la question du langage. Pour lui, la responsabilité des parents ne doit pas se limiter à l’attente d’une parole verbale, mais s’étendre à la compréhension des modes de communication alternatifs propres à l’enfant. Dans cette même dynamique, l’ergothérapeute Philippe Ngimbous a axé son intervention sur la reconquête de l’autonomie. En déplorant l’isolement social dont sont souvent victimes ces enfants, il a appelé à une synergie entre les efforts des parents et ceux des institutions pour multiplier les centres spécialisés et former davantage d’encadreurs.
Le moment fort de cette table ronde fut sans doute le témoignage poignant de Mélanie Bell. En partageant son expérience de maman de Luc Olivier, aujourd’hui âgé de 34 ans, dessinateur professionnel et autonome, elle a délivré un message d’espoir et de responsabilité. Elle exhorte les parents à ne négliger aucun signe précurseur et à se former pour devenir les « premiers co-thérapeutes » de leurs enfants. « Avoir mis au monde un enfant avec autisme est une grâce de Dieu », a-t-elle affirmé, transformant ainsi la perception du handicap en une source de fierté et de combat quotidien.

Au-delà de l’aspect médical, cette première édition s’inscrit en droite ligne du thème de la Journée Mondiale de l’Autisme 2026 : « Autisme et humanité, chaque être humain a sa valeur». L’échange, modéré par l’expert des question sociales Samuel Ndjock, a vu la participation active d’enseignants, de commerçants, d’étudiants et de journalistes, prouvant que la cause dépasse largement le cercle médical. Pour le promoteur de l’association “hope for autism”, Charles Nembot, l’ambition est claire : fédérer tous les acteurs pour pousser les autorités publiques à instaurer une véritable politique nationale adaptée à l’inclusion, garantissant ainsi que chaque citoyen, quelle que soit sa spécificité, trouve sa place dans la cité.
La Semaine de l’Inclusion se poursuit ce mercredi et jeudi avec des journées de consultations gratuites (ORL, neurologie, soins dentaires), suivies de projections documentaires le vendredi 27 avril. Le point d’orgue de cette mobilisation sera la “Grande Marche pour l’Inclusion” prévue ce dimanche au départ de la Poste de Bonanjo, pour dire d’une seule voix « oui » à la différence.
Téclaire Yetna








