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Compétitivité et attractivité portuaire : Le PAD opte pour une modernisation de son rail

Le Port Autonome de Douala (PAD) et la société Douala Port Railway Investment Company (DPRIC) ont scellé, le 19 mars 2026, un partenariat historique de 25 ans. Ce contrat de concession, d’un montant global de 40 milliards de FCFA, vise à transformer radicalement le réseau ferroviaire portuaire. Entre modernisation technique, décongestion urbaine et retombées fiscales, ce projet s’inscrit comme un levier majeur de la performance du combiné portuaire de Douala-Bonabéri.

​L’acte de signature, paraphé au siège du PAD entre le Directeur Général Cyrus Ngo’o et Nicolai Rose pour la DPRIC, marque le coup d’envoi d’une mutation profonde des superstructures de la place portuaire. Ce projet, attendu de longue date, n’est pas qu’une simple réhabilitation technique, mais une réponse concrète aux défis logistiques du golfe de Guinée. Comme le souligne la direction du PAD, cette initiative s’insère dans une vision à long terme : elle est le bras armé du « Schéma directeur de développement 2020-2050 », destiné à faire de Douala un hub moderne et fluide.

​Le montage financier retenu, de type Design-Build-Finance-Maintain (DBFM), illustre une maturité dans la gestion des Partenariats Public-Privé (PPP). Pendant un quart de siècle, le partenaire privé assurera l’intégralité du financement, des études à la maintenance, avant de rétrocéder l’infrastructure à l’État. Ce choix stratégique permet au PAD de moderniser son réseau sans peser sur les finances publiques immédiates, tout en garantissant l’intégration de technologies ferroviaires de pointe pour une exploitation optimale des terminaux.

​Au-delà des rails, l’impact social et environnemental s’annonce massif pour la capitale économique. Le projet prévoit la création de 120 emplois directs et 360 emplois indirects, avec une clause de priorité accordée à l’expertise locale. Surtout, le transfert du fret du camion vers le rail promet de décongestionner les axes routiers de Douala, réduisant ainsi drastiquement la pollution sonore, atmosphérique et le taux d’accidents liés au trafic lourd. Un programme de formation annuel viendra compléter ce volet pour insérer les jeunes diplômés camerounais dans les métiers ferroviaires de demain.

​Sur le plan économique, la concession est une opération lucrative pour le Port Autonome de Douala. Le contrat prévoit un système de redevances progressives indexé sur le chiffre d’affaires, passant de 5 % durant la première décennie à 8 % en fin de contrat. Au total, ce sont plus de 8,5 milliards de FCFA de revenus hors taxes qui tomberont dans l’escarcelle du PAD sur la durée du projet. Cette manne financière permettra de réinvestir dans d’autres pans de la modernisation portuaire, renforçant ainsi la solidité financière de l’entreprise publique.

​Enfin, ce renouveau ferroviaire est un argument de poids dans la compétition féroce que se livrent les ports de la sous-région. En améliorant la vitesse de rotation des marchandises et en fiabilisant l’évacuation du fret vers l’hinterland, Douala-Bonabéri consolide son attractivité. Ce projet ne se contente pas de poser des rails ; il construit une chaîne logistique intégrée capable de répondre aux exigences des armateurs internationaux et des opérateurs économiques nationaux.

​L’entrée en gare de ce projet ferroviaire préfigure une nouvelle ère pour le Port de Douala-Bonabéri, celle de l’efficacité numérique et mécanique. Alors que les travaux s’apprêtent à débuter, le regard se tourne désormais vers le suivi de l’exécution, condition sine qua non pour que cette promesse de modernisation devienne, d’ici quelques années, la réalité quotidienne des usagers du port.

Ingrid Mbalmog

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