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Souveraineté numérique : Douala ouvre la voie vers un marché numérique sous-régional interconnecté

Du 23 février au 3 mars 2026, Douala réunit experts et décideurs de l’univers TIC du Cameroun, du Congo, de la RDC, du Gabon et du Tchad pour valider une cartographie stratégique des besoins numériques régionaux. Organisée dans le cadre du Programme d’Appui à la Gouvernance des Infrastructures Régionales et Nationales en Afrique Centrale, avec l’appui de l’Union européenne, cette rencontre pose les bases d’une souveraineté numérique et d’un marché sous-régional véritablement interconnecté.

Durant ces assises consacrées aux câbles, aux données et aux interconnexions, Douala consolide son rôle de ville-pivot au cœur de l’intégration numérique régionale. Toutefois, derrière les échanges techniques, s’affirme une ambition autrement structurante, de visant à faire des métropoles d’Afrique centrale les catalyseurs d’un espace numérique intégré, compétitif et souverain. Ainsi, il ne s’agit plus seulement d’améliorer des infrastructures, mais d’installer les villes au centre d’un écosystème capable de stimuler l’innovation, d’attirer les investissements et d’ancrer durablement la croissance.

C’est à travers la validation des rapports actualisés de cartographie des besoins TIC que le diagnostic se pose sans détour. Pour Pr Ayissi Raoul Domingo : « Cet atelier actualise l’observatoire TIC d’Afrique Centrale, clôture la première phase et prépare un plaidoyer pour une seconde afin de pérenniser ces acquis auprès des bailleurs ». Autrement dit, la donnée devient stratégie. En identifiant zones blanches et déficits d’interconnexion, la cartographie ne dresse pas seulement un état des lieux : elle trace une trajectoire. Elle transforme des fragilités techniques en leviers d’investissement et donne aux villes des outils concrets pour planifier leur avenir numérique avec cohérence.

L’interconnexion régionale s’impose ensuite comme une évidence. « La cartographie révèle zones blanches et problèmes d’interconnexion. Une puce MTN au Cameroun ne fonctionne pas automatiquement au Congo, contrairement à l’Europe », explique Pr Jean-Jules Tewa. Ce constat, simple en apparence, traduit une fragmentation structurelle qui freine la mobilité des citoyens, la fluidité des affaires et l’essor des services numériques. Pr Ayissi ajoute : « À Libreville ou Bangui, communiquer avec Yaoundé reste difficile sans changer de puce. Une base unifiée permettra de connecter les pays et d’améliorer la visibilité des infrastructures ». Ainsi, derrière la technique, se joue la capacité des villes à dialoguer sans frontières invisibles.

Par ailleurs, l’examen des documents cadres de référence des infrastructures TIC marque un tournant décisif. Ces éléments orienteront les futurs investissements, optimiseront les réseaux existants et guideront l’installation de bornes d’interconnexion. En conséquence, la coopération entre Douala, Yaoundé, Brazzaville, Libreville et N’Djamena pourra s’appuyer sur des standards harmonisés. Cette démarche dépasse le simple ajustement technique : elle incarne une vision politique et économique ambitieuse. Car passer d’une juxtaposition d’infrastructures nationales à un écosystème régional cohérent, c’est renforcer l’attractivité des métropoles, soutenir les start-ups locales et stimuler la mobilité académique et entrepreneuriale.

Les débats replaçant l’humain au centre des préoccupations, les participants rappellent que la fluidité des TIC ne relève pas uniquement de la technologie, mais aussi de la confiance et de la coordination institutionnelle. Une interconnexion efficace facilitera l’accès à l’information, soutiendra l’économie régionale et renforcera la planification stratégique des territoires. Toutefois, cette dynamique exige une seconde phase de financement pour consolider les acquis et étendre la couverture aux zones encore enclavées. L’objectif est clair : bâtir un réseau régional performant, capable d’accompagner l’innovation et d’ancrer durablement la souveraineté numérique.

À l’issue des travaux, la ville de Douala va davantage s’affirmer comme étant catalyseuse d’une dynamique régionale ambitieuse. Et si la seconde phase tient ses promesses, les villes d’Afrique centrale pourraient bien transformer l’interconnexion en moteur de prospérité partagée. L’on retiendra peut-être que, c’est à Douala qu’on a posé les premières pierres d’une nouvelle géographie numérique où les villes africaines prennent enfin, le pouvoir de se connecter entre elles et au monde.

Catherine Aimée Biloa

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