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Diaspora et territoires : les maires des villes camerounaises bâtissent un pont stratégique vers l’investissement extérieur

Le 19 février 2026, les maires des villes, membres de l’Association des maires de villes du Cameroun (AMVC), ont formé à Douala les Points focaux municipaux dédiés à la diaspora. Les quatorze communautés urbaines que comptent le pays, entendent structurer l’investissement des camerounais de l’étranger pour en faire un levier durable de transformation locale.

Il ne s’agit plus d’invoquer la diaspora comme une promesse lointaine. Les maires des villes camerounaises ont décidé d’en faire un partenaire stratégique, identifié et accompagné. En réunissant leurs cadres techniques autour d’une formation dédiée, ils ont posé les fondations d’un dispositif coordonné, pensé pour transformer l’attachement à la terre natale en projets mesurables, créateurs d’emplois et générateurs d’impact territorial.

D’abord, le diagnostic économique est sans ambiguïté. Les transferts des camerounais établis à l’étranger représentent des volumes financiers considérables, parfois supérieurs à l’aide publique au développement et à certains financements extérieurs. Pourtant, ces flux demeurent majoritairement orientés vers la sphère familiale ou la consommation courante. « La diaspora compte plusieurs millions de membres et demeure un partenaire essentiel du développement local », rappele le président de l’AMVC, par ailleurs maire de Douala, Roger Mbassa Ndinè. L’enjeu consiste désormais à canaliser cette puissance financière vers des projets structurants : infrastructures urbaines, entrepreneuriat local, innovation sociale ou aménagement territorial.

Ensuite, la réponse institutionnelle s’organise autour des Points focaux municipaux. Leur mission dépasse l’accueil protocolaire des investisseurs ; elle inclut l’identification d’opportunités crédibles, l’accompagnement administratif, la facilitation des procédures et le suivi des projets dans la durée. « Cette formation nous permet de mieux connaître notre diaspora et de bâtir un climat de confiance indispensable » , souligne Fabien Nga Ndongo, responsable des affaires économiques à la Communauté Urbaine de Bafoussam. Sous l’accompagnement de Samir Bouzidi, expert international, les participants ont exploré des mécanismes concrets de mobilisation des compétences et des capitaux, inspirés d’expériences réussies à l’international.

Par ailleurs, l’innovation technologique vient consolider cette ambition. La future plateforme nationale « jesuisaucameroun », annoncée pour avril 2026, offrira une interface centralisée où les villes pourront publier des opportunités d’investissement dans une quinzaine de secteurs stratégiques. En intégrant des outils d’intelligence artificielle, elle facilitera la mise en relation entre projets locaux et profils diasporiques qualifiés. Pour Marie Blanche Bille, en charge de la coopération à Kribi, cette structuration représente « une base de travail durable » capable de sécuriser les engagements et de renforcer la crédibilité des municipalités auprès des investisseurs internationaux.

Au-delà de la formation, c’est une nouvelle culture de gouvernance territoriale qui émerge. En mutualisant leurs efforts au sein de l’Association des maires de villes du Cameroun, les maires affirment une vision collective : le développement local ne se limite plus aux ressources fiscales internes ni aux dotations étatiques. Il s’étend aux compétences, aux capitaux et aux réseaux disséminés à travers le monde. Cette approche repositionne les municipalités comme des acteurs diplomatiques à part entière, capables de dialoguer directement avec leurs diasporas, de sécuriser l’investissement et d’installer un cadre de confiance durable. En filigrane, c’est une nouvelle grammaire de l’action publique qui s’écrit : plus agile, plus connectée, plus stratégique.

En érigeant ce pont vers l’investissement extérieur, les maires des villes camerounaises redéfinissent leur rôle dans l’architecture du développement national. Si la dynamique se confirme, les territoires urbains pourraient devenir les catalyseurs d’un modèle où capital financier, expertise internationale et ambition locale convergent pour dessiner l’avenir.

Catherine E. Dimouama

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