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Festival Madiba Acte 8 : quand le fleuve unit peuple et divinités

Du 13 au 15 février 2025, la 8ᵉ édition du Festival Madiba a embrassé Bona Anja Siga-Bonjo, dans le Canton Wouri Bwelle, département du Nkam, pour offrir un spectacle unique où la culture devient acte de communion. Entre baignade rituelle collective et célébration du fleuve Wouri, le festival confirme sa maturité, son enracinement et sa capacité à faire dialoguer mémoire, spiritualité et citoyenneté.

Dans le paysage culturel camerounais, rares sont les initiatives capables de conjuguer constance, profondeur symbolique et renouvellement. Madiba, désormais à sa huitième édition, n’a plus à prouver sa légitimité : il impose sa voix, tranquille mais déterminée, pour structurer un récit territorial cohérent autour du Wouri. Le festival transforme un cours d’eau familier en un espace vivant de sens, un théâtre naturel où se croisent mémoire collective, gestes rituels et expériences citoyennes, offrant à chaque participant l’occasion de se réapproprier son patrimoine et de tisser un lien direct avec l’histoire et la culture locales.

Installé au cœur du Canton Wouri Bwelle, le festival puise sa force dans un ancrage territorial affirmé et dans une compréhension profonde des pratiques communautaires. La baignade rituelle, moment phare de cette édition, révèle des gestes longtemps marginalisés et les projette dans un registre résolument contemporain, inclusif et sécurisant. Pensée pour tous, y compris ceux qui ne savent pas nager, cette immersion traduit une vision de la culture comme expérience partagée : elle devient un espace où le rituel rencontre l’humain, où la tradition se vit et se transmet, et où chaque participant se reconnaît dans l’histoire collective.

Mémoire vivante et marqueur identitaire, le fleuve Wouri — Nkam dans sa partie supérieure — incarne bien plus qu’un décor : il est un catalyseur d’émotions, un miroir des histoires individuelles et collectives, et un vecteur de réconciliation avec un environnement longtemps perçu comme périphérique ou négligé. En le plaçant au centre de son projet, Madiba transforme la géographie en récit, faisant du fleuve un protagoniste actif : ses eaux deviennent scène, ses rives deviennent lieux de rencontre et de partage, et son cours raconte les histoires des habitants et des divinités. Ainsi, la ville se métamorphose en territoire de sens, où la culture et la mémoire se fondent, s’entrelacent et s’expriment à travers le geste collectif.

À ce stade de son parcours, le festival montre que l’émerveillement n’exige ni ostentation ni surenchère : Madiba avance avec précision et profondeur, fidèle à son territoire et à son héritage. Chaque édition invite à explorer les liens subtils entre gestes anciens et formes contemporaines, à percevoir la présence des divinités dans le quotidien et à redécouvrir la mémoire vivante qui irrigue la vie collective. Plus qu’un événement, Madiba devient un fil conducteur où tradition et modernité, mémoire et présent, se rencontrent et se répondent avec cohérence et intensité.

À travers cette ultime édition, le festival Madiba confirme qu’une politique culturelle réussie est celle qui relie plutôt qu’elle ne juxtapose. Ainsi, à Bona Anja Siga-Bonjo, la culture se vit, se transmet et éclaire, inlassablement, le village et ses habitants.

Danielle Hélène Ngondjo

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