Après la destitution de leur chef, les populations de Babenga expriment leur gratitude au Président de la République et aux autorités locales
Le 9 février 2026, les habitants de Babenga, dans l’arrondissement de Dibombari, ont organisé une marche pacifique pour remercier le Président de la République et les autorités locales. Ce geste fait suite à la destitution de leur chef, Gustave Jean Claude Modi Dissake, accusé de dérives ayant fragilisé l’équilibre, la concorde et la paix au sein de cette communauté.

Se mettre ses populations à dos peut coûter cher, y compris au plus haut rang des chefs traditionnels. Gustave Jean Claude Modi Dissake en fait aujourd’hui l’expérience. L’arrêté N°018/AP/C.16/SAAJP du 22 janvier 2026, signé par le préfet du département du Moungo, Yves Bertrand Noël Ndjana, met officiellement fin à ses fonctions de chef du village de Babenga, dans l’arrondissement de Dibombari. Cette décision de l’autorité administrative vient répondre favorablement aux multiples plaintes formulées par les habitants, marquant un tournant dans la gouvernance locale.
Au désormais ex gardien de la tradition, il est en effet une gestion autoritaire et unilatérale. Certains de ses administrés d’hier, l’accusent de marginaliser les notables et les organes coutumiers. D’autres, se plaignent qu’il aurait utilisé des méthodes coercitives et intimidantes pour imposer son autorité, dégradant sans outre mesure, la confiance et la cohésion au sein de la communauté. Plus grave encore, des voies laissent entendre, que sa majesté Gustave Jean Claude Modi Dissake, non seulement a mis en place une politique très contestée, de gestion des terres communautaires, mais également s’est accaparé des biens appartenant à des familles locales. Ces différents éléments ont conduit à une crise de gouvernance qui a mis en mal la stabilité et l’harmonie sociales du village Babenga.

Informées les autorités ouvrent une enquête à la fois administrative et sécuritaire. C’est au terme de cette dernière que la décision de destitution a été prise. Les populations voient en elle un moyen de restaurer la paix et la cohésion au sein de Babenga. Pour exprimer leur gratitude aux autorités qui ont écouté leurs lamentations, une marche pacifique a été organisée le lundi 9 février 2026. «Aujourd’hui, il ( sa majesté Gustave Jean Claude Modi, ndlr) est destitué. Nous remercions grandement le Président de la République, le ministre de l’administration territoriale, le gouverneur de la région du Littoral, le préfet, le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari, pour l’acte qu’ils ont posé. Et nous demandons que ces derniers soient maintenus à leurs postes pour assainir notre arrondissement, parce qu’il y a beaucoup de maux parallèles qui détruisent celui-ci», se réjouit et espère Ekambi Ekambi, Pasteur et Doyen de la communauté du village Babenga.

la vacance de la chefferie pourrait ne pas durer longtemps. Et pour cause, dès le vendredi 13 février 2026, le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari Jean Philippe Ngo’o Mebe, va présider les consultations pour la désignation du nouveau chef de village. Les notables, les chefs de famille et les foyers de Babenga sont invités à y participer. Cette désignation va se faire en accord avec les traditions locales et les attentes de la communauté. Pour les fils et filles de Babenga, ce rendez-vous constitue un pas vers une gouvernance participative, où chaque voix pourra être entendue dans le processus de décision.
Babenga, après avoir traversé une période que la communauté veut effacer, espère renouer avec l’harmonie et la stabilité, tout en plaçant la participation citoyenne et la transparence au cœur de sa gestion locale.
Yolande T







