Noël et nouvel an à Douala : Plusieurs habitants doutent de passer de belles fêtes, et dans le même temps, le problème ne se pose pas pour une infime partie
Alors que la période des fêtes est presqu’à nos portes, l’ambiance dans les menages à Douala est contrastée. Si pour certains, la joie des retrouvailles et des réjouissances familiales prime, d’autres font face à des réalités économiques difficiles qui assombrissent le faste des célébrations de Noël.
Dans cette métropole bouillonnante, où l’activité commerciale bat son plein en cette période, la réalité économique impacte profondément la manière dont les familles se préparent pour Noël et le Nouvel An. Alors que les rues s’illuminent et que les marchés regorgent de produits festifs, une fracture sociale se dessine, opposant ceux qui peuvent se permettre de célébrer avec faste à ceux qui luttent pour joindre les deux bouts.
C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Rosine, à la poste centrale de Bonanjo, dans le premier arrondissement. Interrogée sur ses préparatifs de fêtes, sa réponse résume le quotidien de nombreuses familles : « J’attends un argent là… Actuellement, je n’ai pas encore, mais j’attends. Car s’il y a l’argent, même si ça tombe le 25 décembre, on va fêter. » Ce simple témoignage met en lumière la précarité qui plane sur une grande partie de la population. La possibilité même de célébrer Noël dépend de l’arrivée d’un revenu imprévu, soulignant la fragilité de la situation financière de nombreuses familles.
Contrastant avec le désespoir exprimé par Rosine, Josué, père de 4 enfants, affiche un optimisme inébranlable. Pour lui, la joie des fêtes est primordiale, même si cela signifie devoir s’endetter : « Ce sont les fêtes, j’ai déjà acheté les habits et les chaussures de mes enfants. S’il faut faire plus, je le ferai, même si je dois emprunter. » En effet, son engagement à offrir à ses enfants des moments inoubliables, malgré les contraintes financières, illustre une volonté farouche de préserver la tradition et de maintenir l’esprit festif.
Cependant, la vision des fêtes de fin d’année n’est pas uniquement teintée d’espoir et de difficultés économiques. À Bonapriso, Mama Nicole et sa famille entretiennent une relation différente avec Noël. Pour eux, la célébration du 25 décembre est une question de conviction religieuse : « Aucun verset dans la Bible ne signale clairement que Jésus est né le 25 décembre. Et même si c’était le cas, rien qu’à voir la façon dont cette naissance est célébrée dans le monde (alcool, impudicité, débauche), je ne célébrerais pas. Ma famille n’a jamais célébré cette fête», affirme t’elle.
Téclaire Yetna







